26 Mars 2020 pour le FOCUS au sein de L'OBS
Interview par Fannie Fitoussi

L’ex-Miss France est aujourd’hui actrice, scénariste, mannequin et ambassadrice de deux marques de cosmétiques.

« Je suis 100% Française et... 100% Rwandaise ! »

Tout juste de retour du Rwanda, où son association, Maïsha Africa, a offert du matériel médical pour les enfants prématurés, Sonia Rolland s’apprête à s’envoler en Martinique pour tourner la 2e saison de la série policière à succès « Tropiques criminels », diffusée sur France2. Ambassadrice de la marque Mixa depuis une dizaine d’années, cette maman ultra-active a une hygiène de vie digne d’une sportive pour être toujours au top… comme à l’époque de son couronnement à l’élection Miss France. Interview sans fard de cette reine de beauté aussi pétillante qu’attachante…

Votre association, Maïsha Africa*, a financé cet hiver l’achat de matériel médical pour le service de néonatologie de l’hôpital du district de Musanze, au nord du Rwanda. Vous étiez sur place, comment s’est déroulée l’installation ?

Sonia Rolland : J’ai été très émue de voir ces bébés, qui sont vraiment tout petits et si fragiles, pris en charge avec tant de dévotion. Les équipes médicales de l’hôpital de Ruhengeri faisaient déjà du très bon travail mais avaient vraiment besoin de matériel : des couveuses, des appareils respiratoires, des kits de réanimation… qui visent à réduire la mortalité des bébés prématurés. Une partie du matériel est déjà en fonctionnement, et l’autre partie sera livrée au nouvel hôpital qui est en construction et ouvrira d’ici la fin de l’année.

Il y a deux ans, votre association avait déjà financé la réhabilitation d’un orphelinat dans la même région, à Kigali…

S.R. : Cet ancien orphelinat, qui est aussi un Mémorial du génocide des Tutsis, est devenu, après huit mois de travaux, un centre de loisirs qui permet d’enseigner aux enfants des quartiers populaires, qui souvent errent dans les rues, à la fois la musique, la danse, mais aussi les bases de certains métiers comme la maçonnerie, par exemple. Des campus d’été y sont aussi organisés, ce qui permet aux jeunes les plus modestes de rencontrer des enfants plus aisés, créant ainsi du lien social. C’est l’un des plus beaux projets que nous ayons financés.

En parlant de beau projet, vous avez créé la surprise sur France2, avec le succès de la série « Tropiques criminels » qui est reconduite pour une 2e saison. Comment vous êtes-vous préparée au rôle de Mélissa Sainte-Rose, une commandante de police un peu rigide, fraîchement mutée en Martinique, et qui doit s’adapter au caractère de feu de la capitaine de la Crim’, jouée par Béatrice de La Boulaye ?

S.R. : Je n’ai pas vraiment eu de temps car on a eu la réponse de la production seulement deux mois avant le tournage (rires). Mais ce qui aurait pu me déstabiliser en tant que comédienne a en fait servi mon personnage car Mélissa, même si cela ne se voit pas physiquement, est plus Parisienne que Martiniquaise et – comme moi – n’avait aucun repère dans cette île. Mon personnage se retrouve à travailler en équipe avec Gaëlle, une flic martiniquaise blanche, qui connait parfaitement les us et coutumes de l’île et qui en joue pour la déstabiliser.

Le tournage de la première saison a duré quatre mois et vous repartez aux Antilles en mars pour tourner la suite. Comment avez-vous géré l’éloignement avec vos deux filles de 9 et 13 ans ?

S.R. : Ça a été pénible pour elles mais surtout pour moi, bizarrement. Tess et Kahina sont venues pour les vacances mais c’était quand même dur cette distance. Il y a des week- ends où j’étais toute seule dans mon hôtel et je me disais « c’est pas possible, je ne vais pas tenir ! » (rires). Heureusement, les papas étaient très présents et j’ai une super nounou, Sophie, qui est comme un membre de notre famille et qui dormait à domicile. Ma maman, malheureusement, a eu un AVC en 2015 et ne peut plus se déplacer facilement, elle est en chaise roulante, mais elle a aussi été d’une grande aide en recevant mes filles certains week-ends, chez elle, en Bourgogne.

À l’âge de 14 ans, vous avez fui le génocide des Tutsis et votre famille s’est installée en Bourgogne. Vous aimez retourner en Saône-et-Loire ?

S.R. : Ah oui, très souvent ! Je suis 100% Rwandaise et 100% Française ! J’ai la chance, comparé à beaucoup de métis, de connaître mes deux cultures. Grâce à Miss France, pendant un an, j’ai sillonné tous les petits villages de l’Hexagone, ça vous donne un amour du pays inimaginable.

Vous vous astreignez à une hygiène de vie de sportive. Dans quelle mesure cela vous a aidé pour votre rôle ?

S.R. : On ne l’imagine peut-être pas, mais le tournage d’une série demande beaucoup de rigueur. Pour «Tropiques criminels », on se levait à 4h du matin pour finir vers 17h.

Nous étions tributaires du temps, de la lumière. Je fais du sport en premier lieu pour préparer mon mental et cela me permet d’aborder les semaines de tournage avec beaucoup plus de sérénité.

Hors période de tournage, quel est votre rythme sportif ?

S.R. : Deux fois par semaine, à hauteur de 1h30, je vais en salle. Je fais pas mal de cardio, ce qui me permet de relâcher le stress et ça détoxe à fond.

En parallèle, avec ma coach Nancy, je fais aussi du BodyTec, une machine à électrodes, qui redessine le corps et qui me maintient. Car, malgré les apparences, je suis une bonne vivante. J’adore manger, j’adore boire ! (rires) Je suis une vraie Française, une bonne Bourguignonne… du coup, ça demande de la rigueur à côté.

Vous avez un corps incroyable, que l’on peut voir régulièrement dans les pubs Mixa, dont vous êtes l’égérie depuis dix ans…

S.R. : Je vis pleinement ma vie de femme de 39 ans grâce, justement, au sport et aux soins que j’utilise. J’ai eu deux enfants et comme toutes les femmes, je n’ai pas un corps aussi dessiné et ferme qu’il y a vingt ans mais j’ai sans doute des formes plus intéressantes aujourd’hui (rires). Je me préfère maintenant. À l’époque de Miss France, j’étais obsédée par le challenge et la performance. Désormais, je suis plus sereine avec mon corps.

Quels soins utilisez-vous au quotidien ?

S.R. : Il y a plusieurs produits que j’adore chez Mixa. La crème de jour à l’acide hyaluronique et la crème-masque hydratante de nuit Hyalurogel. J’utilise aussi quotidiennement le lait corps Nutritif Satinant pour peaux sèches. Et l’hiver, je suis Cica- Crème à fond ! Elle est idéale pour apaiser les parties rugueuses ou irritées. Je fais aussi régulièrement des gommages, soit en institut, au Hammam Pacha, dans le 6e, soit à la maison avec de la pierre de lave pilée du Rwanda. Je rapporte aussi de l’huile d’avocat naturelle que j’achète sur les marchés de Kigali, ça ne sent pas très bon mais cela a de sacrées vertus (rires).

« J’ai la chance, comparé à beaucoup de métis, de connaître mes deux cultures. »

Après les soins, vous avez un rituel beauté ?

S.R. : Je me maquille au quotidien. J’ai la chance d’être l’ambassadrice de Guerlain depuis un an et j’ai découvert un univers qui me semblait totalement inaccessible alors qu’il ne l’est pas du tout. J’utilise le fond de teint

« L’Essentiel » que je dose différemment selon les saisons car, nous, les métisses, on a tendance à devenir grises en hiver (rires). J’aime beaucoup ce produit car il contient 97% d’ingrédients d’origine naturelle et a un fini très naturel. Je suis heureuse de travailler pour des marques avec qui j’ai un lien éthique fort.

On a pu apercevoir votre fille aînée, Tess, dans la campagne mères-filles de Mixa. Désire-t-elle aussi être mannequin ?

S.R. : Tess vient de fêter ses 13 ans et mesure 1m78, elle est donc approchée par plusieurs agences de mannequins. Mais je crois que c’est trop tôt. Kahina aussi, ma fille de 9 ans, a fait quelques photos mais je veux les protéger. Elles ont toutes les deuxbeaucoupdereculet,pourlemoment,ellesseconcentrent sur leur scolarité. Leurs seules missions, c’est de bien se comporter à l’école et de rapporter de bonnes notes (rires).

Vous avez le projet de réaliser une comédie dramatique sur l’univers Miss France, inspirée de votre propre parcours. Où en est ce projet ?

S.R. : C’est en cours. J’ai écrit le scénario avec Emmanuel Poulain-Arnaud puis il a été récemment adapté au format télévision par Fabette Drouard. Il est en lecture, maintenant j’attends les réponses des chaînes. En dehors de cela, via ma boîte de production, SoMad, je prépare aussi des documentaires et des longs métrages destinés principalement à l’Afrique.

Retrouvez Sonia Rolland dans la saison 2 de Tropiques Criminels, diffusée sur France 2 depuis le 19 février en prime-time.

Tropiques Criminels, Saison 2 en cours sur France 2 .